La ministre de l’enseignement supérieur signe une charte pour limiter les dérapages lors de soirées étudiantes

Universités et associations étudiantes ont signé une charte avec Frédérique Vidal pour encadrer l’organisation d’événements festifs.

LE MONDE | • Mis à jour le

Le bizutage a beau être puni par la loi depuis 1998, il perdure parfois dans certaines universités et grandes écoles sous le couvert de « week-ends d'intégration » fortement alcoolisés où les rituels humiliants ne sont pas rares.

« Chaque année, des événements organisés pour l’intégration des nouvelles promotions sont associés à des prises de risque qui peuvent conduire à des drames », souligne en préambule cette charte, qui s’inscrit dans une nouvelle campagne de prévention, un an après la mort, le 1er octobre 2017, après avoir consommé beaucoup d’alcool, de David Marret, étudiant en deuxième année à la faculté d’odontologie de Rennes. Son grand frère, Sébastien Marret, qui participe à la campagne de communication du ministère, rappelle sur Twitter que son but est de provoquer « un électrochoc ».

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La charte, qui devra être remplie par les organisateurs d’événements festifs étudiants, comportera notamment le programme, le budget, les « risques accidentels liés au lieu » et la quantité d’alcool prévue. Elle encourage les responsables associatifs à suivre des formations « à la réduction des risques et aux premiers secours » ou à faire appel à des secouristes professionnels. « Aujourd’hui, les associations étudiantes n’ont pas vraiment toutes les clés pour organiser des événements responsables et elles manquent de formation », estime le ministère.

Responsabilité du chef d’établissement

Dans une lettre adressée à la fin de septembre à tous les représentants d’établissement, Frédérique Vidal les invite à accompagner les associations et les bureaux des élèves « dans l’organisation de tout événement festif », rappelant que la responsabilité du chef d’établissement peut être engagée, « que l’événement se déroule ou non en ses murs ».
« Il ne s’agit pas de restreindre la possibilité offerte aux étudiants de se réunir dans un cadre festif et convivial, mais de favoriser l’organisation d’événements sûrs et responsables », fait valoir le ministère.

Un guide a déjà été distribué à la rentrée aux étudiants chargés des week-ends d’intégration, avec des conseils pratiques. Il rappelle que tous les actes de bizutage sont interdits et que le fait d’amener autrui, contre son gré ou non, à consommer de l’alcool de manière excessive lors de réunions liées aux milieux scolaire et socio-éducatif est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

La Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), premier syndicat étudiant, s’est félicitée de la signature de cette charte, tout en se disant « attentive à ce qu’elle ne se tourne pas vers une logique punitive, qui aurait pour seul effet celui de stigmatiser la jeunesse ».