Des chercheurs chinois obtiennent des souriceaux à partir de parents de même sexe

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Les scientifiques ont utilisé cellules souches et ciseaux moléculaires pour supprimer chez les mammifères les barrières naturelles à la reproduction à partir d’un seul individu femelle, la parthénogénèse.

LE MONDE | • Mis à jour le
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Par Paul Benkimoun

Souris adulte née de deux mères et ses propres souriceaux.

Des chercheurs membres de l’Académie chinoise des sciences annonçent avoir obtenu des souris en bonne santé à partir de deux souris femelles. Les rongeurs ont non seulement pu se développer mais également donner à leur tour naissance à des souris en bonne santé. Zhi-Kun Li et ses collègues ont répété la procédure avec deux souris mâles mais les souriceaux n’ont pas vécu plus de 48 heures. Ces travaux montrent qu’il serait possible de surmonter les obstacles à la production d’un embryon de souris à partir de deux parents de même sexe au moyen de cellules souches et d’une édition ciblée du génome. Ils sont publiés, jeudi 11 octobre, en ligne dans la revue Cell Press.

Ce n’est pas la première fois que des scientifiques réussissent à créer des souriceaux à partir du matériel génétique de deux souris femelles. En 2004, Tomohiro Kono (Université d’agriculture de Tokyo) et ses collègues avaient été les premiers à le faire. Pour cela, ils avaient utilisé des ovocytes immatures ayant une mutation qui leur faisait perdre une région de leur génome qui subit normalement ce que l’on appelle une empreinte parentale. Les souris nées par ce biais présentaient toutefois des anomalies et la technique employée était loin d’être simple à utiliser.

Chez les animaux comme les mammifères héritant une moitié de leur génome de chacun des deux parents, la copie d’origine maternelle d’un gène et celle d’origine paternelle ne s’expriment pas de la même façon : l’une sera active alors que son homologue provenant de l’autre parent sera réduite au silence. Condition nécessaire pour un dévelopepement viable de l’embryon sans anomalie, cette « empreinte parentale » résulte d’une modification chimique d’une partie de l’ADN, qui ne sert pas à coder la production d’une protéinemais qui altère l’expression d’un gène: on parle de modification épigénétique. Chez la souris, cette modification consiste surtout en une méthylation de l’ADN. L’empreinte parentale sur les gènes est un obstacle…

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