Hongrie : Viktor Orban, le dirigeant qui inquiète l'Europe

Il est l'homme qui embarasse, qui défie l'Europe. Lui, c'est le Premier ministre de la Hongrie depuis désormais huit ans, Viktor Orban. Un franc-tireur, un leader charismatique aux dérives de plus en plus radicales. Il y a quelques mois, devant son Parlement, il martèle : "C'est la fin de la démocratie libérale, elle est incapable de défendre la dignité du peuple, incapable de nous garantir la liberté, incapable de nous garantir la sécurité, elle ne peut plus promouvoir notre culture chrétienne". La Hongie d'abord, c'est le crédo de Viktor Orban. Il est un nationaliste qui a toujours combattu ce qu'il considérait comme les ennemis de la Hongrie, peu importe leur couleur politique.

Il y a trente ans, cet ennemi, c'était l'URSS. L'homme politique harangauait alors la foule pour demander des élections libres et le départ des troupes soviétiques. Il est alors de facto pro-démocratie, libéral et pro-européen. C'est en 1998 qu'il devient conservateur, le plus jeune dirigeant européen à 35 ans. En 2010, son ennemi est devenu la politique libérale progressiste. Viktor Orban se transforme en populiste et liberticide… avec des lois contre l'autonomie des juges, contre la liberté de la presse, contre les associations. Puis avec la crise migratoire, son discours se durcit encore : "la crise migratoire va continuer tant que l'on ne s'occupera pas de ses racines profondes. Cela va continuer tant que tout le monde ne reconnaîtra pas que les migrants sont le cheval de Troie du terrorisme", dit-il. Viktor Orban cherche aujourd'hui à combattre la politique européenne du couple franco-allemand d'Angela Merkel et Emmanuel Macron de l'intérieur.