Macron et les élus locaux, histoire d’une rupture

Le boycott de la Conférence nationale des territoires qui se tient jeudi révèle le divorce entre l’exécutif et les collectivités.

Le Monde | • Mis à jour le
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Par Patrick Roger

Le premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau, arrivent à la Conférence des territoires, à Paris, jeudi 12 juillet.

C’était il y a un an. Le 17 juillet 2017, Emmanuel Macron installait en grande pompe, au Sénat, la Conférence nationale des territoires (CNT), cette instance de dialogue dont il disait souhaiter voir émerger « un pacte de confiance entre l’Etat et les territoires ». Le discours avait séduit, les faits ont déçu. Douze mois plus tard, c’est une CNT en peau de chagrin qui se réunit jeudi 12 juillet dans les locaux du Quai d’Orsay – comme en terre étrangère – en l’absence de trois des principales associations d’élus locaux, l’Association des maires de France (AMF), l’Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France, qualifiées par Edouard Philippe de « syndicats d’élus ».

L’incompréhension, la brouille, le malentendu ont pris ces dernières semaines une dimension qui, a priori, n’avait rien d’irrémédiable. « Tant Dominique Bussereau [président de l’ADF] qu’Hervé Morin [président de Régions de France] étaient des gens qui étaient sur le chemin de rejoindre la majorité. C’est quand même original », fait observer Jacques Mézard, le ministre de la cohésion des territoires, qui ne cache pas son dépit sur la façon dont ont été gérées les relations avec les élus locaux.

« Les collectivités, de manière générale, n’aiment pas le passage en force, rappelle l’ancien sénateur (PRG) du Cantal. A trop vouloir s’appuyer sur France urbaine [l’association des métropoles, des grandes villes et agglomérations], forcément on irrite les autres. » Il continue cependant à espérer que « c’est d’abord une question de forme ». « Pour ce qui est de mon périmètre, je discute avec toutes les associations, je n’ai pas de problèmes, glisse M. Mézard. Mais je ne suis pas le ministre des collectivités locales. Je ne suis ni responsable ni coupable des relations avec les élus. »

« Jeu de cons »

Qu’est-ce qui a cloché pour en arriver là ? L’opposition – toutes tendances…

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