Loi «asile et immigration»: «La société atteint un degré de déshumanisation très grave»

Les manifestants avec leurs pancartes du « Code de la honte ». — Adrien Max / 20 Minutes

  • La Cimade manifestait devant plusieurs permanences de député LREM, mais à Marseille les militants protestaient devant le tribunal.
  • Ils ont mis au point un « code de la honte » pour dénoncer la loi asile et immigration examinée ce lundi à l’Assemblée Nationale.

Des panneaux de signalisation détournés pour dénoncer le projet de loi asile et immigration. Alors qu’il est examiné à partir de ce lundi en procédure accélérée à l' Assemblée Nationale, la Cimade organisait une mobilisation nationale devant des permanences de députés. Armés de leur « code de la honte », ils se sont réunis dans une quarantaine de villes, dont Paris, Bordeaux, Rennes, Lille ou Strabourg pour dénoncer cette loi.

Les manifestants avec leurs pancartes du « Code de la honte ».
Les manifestants avec leurs pancartes du « Code de la honte ». – Adrien Max / 20 Minutes

A Marseille, ils étaient une bonne trentaine de militants de diverses associations à s’être réunis devant le tribunal d’instance, faute de permanence de député LREM dans le centre-ville. Pour dénoncer cette loi « répressive [[qui] vise à contrôler, sanctionner, enfermer expulser et bannir davantage les personnes étrangères », les militants de la Cimade ont détourné des panneaux de signalisation.

« Un degré de déshumanisation très grave »

« Virage à droite, 90 jours de rétention, chute des droits, chasse en cours ou encore expulsions non-stop », autant de messages chocs qui se veulent aussi pédagogues. Parmi l’une des mesures les plus critiquées, la durée de la rétention portée de 45 à 90 jours. « C’est un effet d’annonce on sait pertinemment qu’augmenter cette durée n’est pas plus efficace dans les expulsions. Elle vise uniquement à priver de droits certaines personnes, dans des conditions tout à fait déplorables », regrette Jacques Blanc, de la Cimade.

Parmi les personnes présentes devant le tribunal, des membres du syndicat des avocats de France. « Nous avons choisi de faire ce métier pour défendre les droits fondamentaux. Ils sont bafoués dès les frontières. L’allongement de la durée de rétention n’est pas respectueux de la convention de Genève, c’est un retour en arrière », explique Laurie Quinson, avocate. Marlène Youchenko, une de ses consœurs, évoque l’article 30 du projet, qui complique la reconnaissance des liens de filiation. :

« Lorsqu’une société ne prend plus en compte la particularité des enfants, elle atteint un degré de déshumanisation très grave. »

« Loin de l’invasion qu’on nous fait croire »

Pour Nicole Hervelin, membre de la pastorale des migrants, cette loi va encore plus compliquer leurs actions. « Lorsqu’une personne vient nous voir désormais on va devoir réfléchir très longuement à déposer un dossier avec nos conseils juridiques. Il faut qu’on soit sûr qu’il ne risque pas d’être rejeté parce que les recours deviennent inexistants », s’inquiète-t-elle.

Les manifestants avec leurs pancartes du « Code de la honte ».
Les manifestants avec leurs pancartes du « Code de la honte ». – Adrien Max / 20 Minutes

Pour Jacques Blanc, cette loi ne devrait tout simplement pas exister.

« On nous fait croire qu’on accueille la misère du monde alors que pas du tout. En France en 2017 il y a eu 100.412 demandes d’asiles pour 67 millions d’habitants. Faites le rapport. Rien qu’en Allemagne ce sont 750.000 demandes rien qu’en 2017. On est très loin de l’invasion qu’on nous fait croire. Cette loi qui vise à mettre en place de nouveaux critères pour différencier les bons réfugiés des mauvais migrants est tout simplement inacceptable », considère-t-il.

A Nice, les militants de la Cimade se sont réunis devant le tribunal correctionnel, où Cédric Herrou, cet agriculteur connu pour venir en aide aux migrants, était assigné par le préfet des Alpes-Maritimes pour injure publique.

Leave a Reply

avatar
  S’abonner  
Notifier de