OM-Atlético: «On a vu ce que c’était, le haut niveau !» Marseille a pris une leçon de foot

Maxime Lopez et Lucas Ocampos s'apprêtent à se faire taper sur les doigts. — Daniel/phcimages/Cover Images

  • En finale face à l’OM, ce mercredi (3-0), l'Atlético a joué son match typique : un bloc bien regroupé derrière, des contre-attaques efficaces, un réalisme fou.
  • C’est exactement ce que craignaient les Marseillais, qui se sont pourtant laissés surprendre.

Au Parc OL,

« Ça ne s’oublie pas, quand c’est la première fois*. » En guise de triste trophée d’une première finale européenne perdue, Maxime Lopez trimballait son maillot en zone mixte, soigneusement replié. Le minot portait le costard réglementaire… Chemise sortie du pantalon et air défait, tout de même. Pendant la remise des médailles, il a laissé couler quelques larmes. Et face aux micros, il a lâché, avec pas mal de sincérité, son désarroi :

On a vu ce que c’était, le haut niveau. On a eu l’impression qu’à certains moments on prend le dessus, qu’on peut marquer. Mais il y a de très très grands joueurs en face. Ils la mettent au fond. Et ils nous tuent. Dès la 30e minute, ils commencent à jouer la montre. Ils ont tellement l’habitude des finales… Nous, on est très jeunes ! »

Surtout lui (20 piges), surtout Zambo Anguissa (22), gravement fautif sur le premier but de l’Atlético de Madrid. Un but typique de l’équipe de Diego Simeone. « J’ai regardé ce match avec une certaine sérénité, nous savions parfaitement ce que nous voulions faire », assurait-il en conf' de presse. Effectivement, son plan s’est parfaitement déroulé :

  • Etape numéro 1 : laisser le ballon à l’adversaire, même s’il est inférieur sur le papier. 61 % de possession pour l’OM en première mi-temps.
  • Etape numéro 2 : bien défendre et laisser passer l’averse, en l’occurrence un bon quart d’heure olympien, avec quelques tirs lointains et une action bouillante, le raté de Germain (4e).
  • Etape numéro 3 : lâcher les chiens en contre-attaque et les tueurs sur la moindre erreur.
  • Etape numéro 3, bis : Et là, c’est fatal. Très peu de touches de balles après la récupération du ballon. Trois touches sur le premier but, huit sur le deuxième (et huit secondes pour traverser une moitié du terrain). Onze touches pour le troisième but, parce qu’ils ont temporisé comme jamais, face à une défense olympienne en vrac (et prise à rebours).
  • Etape numéro 4 : Appelons la l’étape Antoine Griezmann. Mais ça marche avec Diego Costa. Des attaquants 100 % : trois tirs cadrés, trois buts. Un match plié à la 49e. Merci, bonsoir.

« C’est notre jeu, commentait Antoine Griezmann, dans un sourire. On est costauds derrière et on fait mal à chaque erreur. C’est ça, l’Atlético. C’est ce qu’on aime. » Et c’est ce que détestent les adversaires, perturbés par cette équipe ultra-organisée, ultra-solidaire, qui laisse jouer et qui ne doute pas face au but. Ecoutez les deux Marseillais les plus expérimentés (avec Luiz Gustavo, mais on oublie vu la qualité de la langue de bois que le Brésilien nous a servis, ce mercredi) :

Adil Rami : « On pensait tous avoir le match en main… Pendant un quart d’heure. On a l’impression de dominer, et puis voilà, on fait une erreur, ils marquent. Je connaissais cette équipe, hein… »

Steve Mandanda : « On savait très bien qu’ils jouaient comme ça, qu’il fallait être très concentré et très réaliste. La moindre erreur, ça va au bout. Nous, on rate un face-à-face dès le départ. On n’est efficace ni devant, ni derrière. »

Pour l’efficacité, il faudrait un grand attaquant. Pour l’expérience, cela viendra, peut-être. L’OM jouait sa première finale européenne en quatorze ans. Maxime Lopez, envieux : « Et eux, ils ont joué quoi, trois finales de Ligue des champions ? » Deux seulement, Maxime. Et face au Real en 2014 et  2016, l’Atlético avait vu, lui aussi, « ce que c’était, le haut niveau. »

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* Oui oui, vous avez là une des références les plus pétées de l’histoire des articles d’après-match. Pour les fans du Club Dorothée :