VIDEO. «Petite» pour LR, «inhumaine» pour la gauche: La loi asile subit ses premières foudres à l’Assemblée

L'Assemblée nationale. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Comme prévu, les échanges sont particulièrement houleux. Les députés LR ont dénoncé lundi soir « une petite loi » sur l’asile et l’immigration, au premier jour des débats à l’Assemblée sur le texte controversé, la gauche fustigeant pour sa part une réforme « inhumaine ».

La loi a « trois objectifs majeurs : une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif, une intégration réussie », a affirmé le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, à l’ouverture des débats en première lecture. Dans un hémicycle clairsemé, il a notamment évoqué la « crise migratoire » en Europe et mis en avant la saturation en France des hébergements d’urgence, plaidant l'« urgence à réagir face à une situation qui se dégrade d’année en année ».

LFI dénonce un discours « nauséeux » de LR

Premiers à monter au front, les députés LR ont dénoncé, par la voix de Guillaume Larrivé une « petite loi » qui « ne permettra pas à la France de sortir du chaos migratoire ». « Convoquer en permanence le devoir d’humanité qui invite à de tièdes décisions est une faute lourde », a aussi lancé Annie Genevard à l’adresse du ministre.

L’insoumis Eric Coquerel a, lui, dénoncé un discours « nauséeux » de LR dont le rôle est à ses yeux de « jouer à l’idiot utile du macronisme et faire passer une loi extrême pour une loi équilibrée », alors qu’elle est « inhumaine ». Laurence Dumont (Nouvelle gauche) a également jugé l’argumentation de la droite « aussi indigne que le projet de loi lui-même » qui « traite l’étranger en délinquant, l’enfant en adulte, le malade en imposteur et le demandeur d’asile en fraudeur ».

« Nous vous montrerons comment à la fois nous limiterons une immigration massive et en même temps au détriment de ce que vous voulez faire, nous garantirons le droit d’asile », « un droit sacré », a répondu de son côté à la droite Gérard Collomb. Le projet de loi prévoit notamment de réduire à six mois les délais d’instruction de la demande d’asile, pour entamer rapidement le travail d’intégration des réfugiés, et à l’inverse de faciliter la reconduite à la frontière pour les déboutés.

La première loi à faire autant tanguer dans les rangs des « marcheurs »

Le projet de loi est critiqué au sein même de la majorité, malgré les efforts de pédagogie et persuasion déployés depuis plusieurs mois par Gérard Collomb, incarnant la ligne « dure » de l’exécutif. Dès l’examen en commission, les discussions ont été agitées, ce qui a valu à la vingtaine de contestataires LREM un rappel à l’ordre du président de groupe, Richard Ferrand.

Jean-Michel Clément (ex-PS) prévoit toutefois de voter contre un texte à « la logique répressive », Martine Wonner n’excluant pas de faire de même, tandis que Matthieu Orphelin pense s’abstenir, comme Stella Dupont.

Les responsables LREM rejettent tout parallèle avec les frondeurs socialistes du précédent quinquennat, mais ce projet de loi est le premier à faire autant tanguer dans les rangs des « marcheurs ». Plus d’un millier d’amendements sont au menu jusqu’à la fin de la semaine, dont 200 des députés LREM, un record. Aucun n’a été examiné lundi soir.