Le grand oral de Macron devant la presse

Devant les journalistes accrédités à l’Elysée, le président de la République a fait, mardi, de la pédagogie sur son action et livré sa vision d’un pouvoir comme « ascèse ».

Emmanuel Macron a également disserté sur la « solitude » et la « fin de l’innocence » que sa « charge » impliquait.

Un rite après l’autre. Après avoir remis au goût du jour, début janvier, les traditionnels vœux à la presse, que François Hollande avait abandonnés en cours de mandat, Emmanuel Macron a fini par accepter l’invitation de l’association de la presse présidentielle, qui rassemble, depuis 1928, les journalistes accrédités à l’Elysée, toutes générations confondues. La rencontre a eu lieu mardi soir 13 février au bord de la Seine, à deux pas du pont Alexandre-III sous les sept mètres de plafond du café du Grand Palais, conçu comme un atelier d’artiste.

Assis sous des bustes dénudés de dieux grecs, une tête de cheval et des amphores en plâtre, le président de la République a discouru pendant près de deux heures devant 120 journalistes dans une ambiance studieuse. Un micro à la main, il a répondu à une série de questions, depuis le pouvoir d’achat des Français jusqu’aux sans-abri, en passant par la question de sa foi, celles des élections européennes ou des armes chimiques en Syrie.

Interrogé sur deux de ses ministres, Nicolas Hulot (transition écologique et solidaire) et Gérald Darmanin (action et comptes publics), qui font ou ont fait l’objet de procédures judiciaires pour viol, M. Macron a mis en garde contre une « forme de République du soupçon ». « Où s’arrête la nécessaire transparence et le jeu des contre-pouvoirs », a-t-il interrogé, assurant qu’il n’avait pas eu connaissance de l’existence d’une plainte déposée contre M. Hulot au moment de sa nomination au gouvernement.

« Ce n’est pas une question que j’ai posée, a-t-il poursuivi. Mais ce n’est pas inscrit au casier judiciaire. Demander “est-ce que quelqu’un a déjà porté plainte contre vous ?”, cela n’existe dans aucune démocratie au monde. » « Il faut collectivement qu’on se méfie. (…) On rentrerait dans une drôle de société si les responsables politiques pouvaient être constamment mis en cause pour des choses jugées », a-t-il ajouté,…