Actifs ou étudiants, les jeunes cohabitent plus longtemps avec leurs parents

Près d’un jeune adulte de 18 à 29 ans sur deux habite chez ses parents tout ou partie de l’année, selon l’Insee. Une tendance qui ne concerne pas seulement les étudiants.

Le Monde | |

Par Soazig Le Nevé

Deux jeunes adultes sur trois cohabitent avec leurs parents entre 18 et 24 ans et un sur cinq entre 25 et 29 ans, selon l’Insee.

Cette hausse de 1,4 point depuis les années 2000 résulte principalement d’un « effet de structure » lié à l’accroissement de la part des chômeurs (+ 3,7 points, notamment après la crise de 2008) et des étudiants (+ 3,1 points) chez les jeunes adultes. Précédemment, le taux de cohabitation des jeunes adultes de 18 à 29 ans avait aussi connu un soubresaut, entre 1984 et 1996, du fait de l’accès massif d’une génération à l’enseignement supérieur. Mais « au cours de cette période, la hausse de la cohabitation a, cependant, été freinée, à partir du début des années 1990, par l’extension des aides personnelles au logement qui ont facilité la décohabitation des étudiants », précise l’auteur de l’étude, Erwan Pouliquen.

Parmi ceux qui habitent avec leurs parents, les plus jeunes sont majoritairement étudiants, tandis que les 25-29 ans sont majoritairement actifs. Ces cohabitants sont plus souvent ouvriers et moins fréquemment cadres ou professions intermédiaires que les adultes actifs du même âge qui occupent un logement indépendant. « Plus du quart des jeunes adultes de 25 à 29 ans qui vivent chez leurs parents sont au chômage », souligne l’Insee. Ils reçoivent ainsi une aide en nature de leurs parents.

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L’aide financière, parfois, des parents

L’autonomie résidentielle peut s’acquérir de façon progressive : 15 % des 18-24 ans qui habitent chez leurs parents résident aussi en partie ailleurs. Une autonomie relative, qui est souvent associée à une aide financière régulière des parents, surtout pour les plus jeunes. Le soutien financier des parents diminue vite avec l’âge : 68,6 % des 18-19 ans vivant en logement indépendant reçoivent une aide régulière, contre 9,7 % des 24-25 ans et 3,4 % des 28-29 ans.

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Parmi les 25-29 ans, un jeune sur cinq est parti puis revenu, et un sur quatre après 30 ans. A tous les âges, les raisons invoquées pour expliquer ce retour sont fréquemment associées à des accidents de la vie, comme la perte d’un emploi ou une rupture conjugale. Sont aussi évoqués, pour les plus âgés, la nécessité de revenir s’occuper d’un parent ou encore le fait d’avoir soi-même des problèmes de santé, décrit l’étude.

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« Les velléités de départ diminuent avec l’âge », note Erwan Pouliquen. Par réalisme financier, mais aussi à cause de contraintes supplémentaires, telles que leur propre état de santé ou celui de leurs parents. Ainsi, même s’ils avaient les moyens financiers pour partir, près des trois cinquièmes des jeunes qui cohabitent resteraient chez leurs parents.