Miss France: «Cette année, les cinq finalistes porteront une robe courte»

Sylvie Tellier, Alicia Aylies et Iris Mittenaere, toutes les trois en robe Nicolas Fafiotte, le 18 décembre 2016.

Sylvie Tellier, Alicia Aylies et Iris Mittenaere, toutes les trois en robe Nicolas Fafiotte, le 18 décembre 2016. — Niviere / Sipa

  • Nicolas Fafiotte est l’habilleur officiel des Miss France depuis dix ans.
  • Cette année, il a réussi à convaincre l’organisation de faire défiler les cinq finalistes en robe courte ou presque…

Chaque année, Nicolas Fafiotte propose sa petite nouveauté aux cinq finalistes de Miss France. Car le couturier, ami de Sylvie Tellier depuis qu’il l’a habillée en 2001 alors qu’elle n’était que Miss Lyon, est un habitué du concours qu’il embellit depuis dix ans. Et cette année, il a décidé de révolutionner le concours.

Comment avez-vous commencé à collaborer avec miss France ?

J’étais ami avec Sylvie [Tellier] depuis son élection, et j’ai démarré l’aventure des miss en 2005, quand elle a pris la tête de la société Miss France, en 2005, pour l’élection de Miss France 2006, Alexandra Rosenfeld. J’ai continué à travailler jusqu’à l’élection de Chloé Mortaud avant d’aller voir autre chose pendant trois ans et de revenir l’année de Marine Lorphelin. Quand je suis parti, je ne pouvais faire que des robes de princesse, quand je suis revenu dans l’élection, j’ai proposé des robes fourreaux pour la première fois. Ça m’a relancé, je me suis dit que je pouvais faire des choses un peu différentes. Sylvie est très représentative de mon travail : j’ai toujours continué à l’habiller, même pendant cette parenthèse loin du concours.

Justement, comment fait-on pour se renouveler dans un concours qui a toujours la même trame ?

Je suis très libre, mais j’ai un thème, différent chaque année, qui m’inspire. Renouveler les robes, c’est super facile parce que les thèmes changent. Les deux dernières années, j’étais parti sur des robes plus couture, plus femme, plus glamour, notamment avec le thème du cinéma. Cette année, les miss nous emmènent faire la fête.

Il y a une petite surprise, on va découvrir des robes un peu plus pepsy : j’ai misé sur les couleurs fortes, qui évoquent le cotillon et le réveillon, mais surtout, on va voir les jambes des cinq finalistes. Le concours a accepté que je fasse une robe courte devant. C’est plus dynamique. Je force pour faire bouger les choses !

C’est la première fois qu’on va voir les miss porter une robe courte…

On n’a pas envie de voir les miss en cuir et en minijupe. Donc j’ai créé des robes de bal rock. J’avais envie de m’éclater pour fêter nos dix ans.

Et Sylvie Tellier ?

Sylvie va porter un fourreau noir et une robe de bal bleu marine. A côté de Jean-Pierre Foucault en smoking, elle doit être plus sobre, plus chic que les miss. Je n’ai pas envie qu’elle soit en boule à facettes. Ce qui est intéressant c’est que cet événement nous permet, exactement comme les défilés, de faire des études, des recherches sur des nouvelles techniques. J’ai fait travailler une entreprise lyonnaise sur une mousseline de soie brodée et enduite de paillettes. Sylvie portera probablement la robe fourreau pour le couronnement avec une dentelle de velours qui n’existe pas dans le prêt à porter. Cet événement est l’occasion de montrer le savoir-faire français.

Comment ça se passe en coulisses ?

Ce qui est sympa c’est qu’on est comme une famille aujourd’hui. Les coiffeurs et maquilleurs ne changent pas tant que ça d’une année à l’autre. On se connaît, donc c’est simple, cohérent. On vient nous chercher parce que la spécificité des cinq robes, c’est qu’on ne sait pas qui va les porter. On a développé une technique pour assurer le jour J. On est cinq à bosser, et le dernier jour, on a chacun sa robe. On adapte tout ce qu’on peut pour que la robe soit belle sur la fille.

Qu’est-ce que le concours vous a apporté ?

C’est une aubaine énorme pour notre image : notre travail est en direct sur une des plus grosses audiences de l’année à la télévision. Ça change tout qu’on connaisse mon nom. Quand Iris Mittenaere était venue rendre son titre, elle est partie avec certaines de mes robes, qu’elle a emportées au concours Miss Univers. Je suis une petite marque et c’est quand même une chance d’habiller Miss Univers.

Cette année, allez-vous habiller Iris Mittenaere en tant que présidente du jury ?

J’ai préparé une robe pour Iris au cas où, mais je ne pense pas l’habiller. Elle est coprésidente avec Jean-Paul Gaultier, c’est du savoir-vivre de m’effacer pour qu’elle porte du Gaultier. Mais bon, sait-on jamais, si quelqu’un lui renverse du café dessus, la mienne sera là en secours !