La préfecture de Marseille ordonne la fermeture provisoire d’une mosquée salafiste

La préfecture explique que la mosquée « s’inscrit dans la mouvance islamiste radicale » et diffuse des prêches qui « légitiment le djihad armé ».

Le Monde |

La mosquée As-Sounna est dirigée par un imam, El Hadi Doudi, qui « s’inscrit dans la mouvance islamiste radicale » et est devenu « une référence du salafisme », a affirmé le préfet de police dans son arrêté.

« En dépit d’une condamnation des attentats survenus en France », les prêches prononcés au sein de cette mosquée et parfois diffusés sur Internet « légitiment le djihad armé et la mise à mort des auteurs d’adultère et des apostats », ajoute le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Olivier de Mazières.

Certains discours « appellent à la défaite et à la destruction des mécréants », « incitent à l’application de la loi du Talion à l’encontre de ceux qui combattent Dieu et son prophète et à l’égard desquels la sentence de Dieu est la mort ou la crucifixion » ou « présentent les juifs comme des “impurs”, “les frères des singes et des porcs” et incitent à prononcer la formule “Allahou akbar !” dans les lieux publics pour “effrayer les mécréants” », poursuit-il.

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Plusieurs fidèles se réclament d’Al-Qaida

L’imam, qui a été reçu au début de décembre à la préfecture, a reconnu « avoir produit des écrits qui ont pu inciter à la haine » et que « son discours n’a pas changé depuis 2015 », malgré les attentats qui ont frappé la France.

L’arrêté épingle également le financement des acquisitions immobilières de la mosquée, « facilitées financièrement par une association salafiste niçoise », et pour lesquels l’imam « n’hésite pas à user de pressions pour collecter d’importantes sommes d’argent, notamment en appelant ses fidèles aux dons en précisant qu’il accepterait de “l’argent sale” ».

L’imam avait pour ambition de faire de la mosquée, située boulevard National, dans le centre de la cité phocéenne, « le plus grand lieu de culte musulman de Marseille en effectuant des acquisitions immobilières », ajoute la préfecture.

La préfecture souligne par ailleurs que plusieurs fidèles de la mosquée se sont réclamés d’Al-Qaida ces dernières années ou ont rejoint l’Irak et la Syrie, et que des « messages de haine et de discrimination » tenus dans la mosquée sont relayés dans le quartier et dans ses établissements scolaires.